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Centre d'etude d'Afrique noire
Institut d'etudes politiques de Bordeaux, France
<r.otayek@cean.u-bordeaux.fr>
[editorial note: It is surprising that no H-Africa members
(beyond commissioned respondents) have yet contributed to
our discussion on the State in Africa. However, we are
pleased to present a further contribution from France in
response to the original article by Stefaan Smis/Saskia Van
Hoyweghen (in English/French on H-Africa's home page:
http://www2.h-net.msu.edu/~africa/africaforum/index.html
Dr. Rene Otayek has written widely on Africa. Among the
books he has authored or edited are: Arabie Saoudite,
Afrique (CEAN, 1983); La politique africaine de la Libye
(Karthala, 1986); Le radicalisme islamique au sud du Sahara
(Karthala,1993); Le Burkina entre revolution et democratie,
1983-93 (Karthala, 1996); and Afrique: les identites contre
la democratie? (l'Aube, 1999) -- P.L.]
Je me permets de vous contacter a propos de votre article
"Vers une Afrique centrale sans etats", que j'ai lu avec
grand interet. Je crois que les questions que vous posez
avec sont d'une grande pertinence et d'une actualite
indiscutable.
Je pense d'ailleurs que votre propos va bien au dela de
l'Afrique centrale et qu'il concerne l'ensemble de l'Afrique
subsaharienne. J'ai particulierement apprecie vos remarques
sur la necessite de depasser l'analyse en terme d'echec des
normes occidentales et de s'interroger plutot sur les
modalites endogenes a travers lesquelles les societes
africaines accederont a la modernite.
Mais cela veut-il dire que les chercheurs occidentaux sont
"defies" et donc qu'ils seraient incapables de comprendre la
maniere dont evoluent les societes africaines? Je ne le
crois pas. Il me semble que pour analyser ces societes, il
nous faut naturellement nous interesser a leurs codes
culturels specifiques mais en meme temps utiliser les
concepts generaux des sciences sociales, la science
politique en particulier. Je crois que l'analyse
scientifique du politique en Afrique a trop souffert de
l'usage de categories analytiques forgees pour la
circonstance, qui ont rendu l'Afrique incomprehensible aux
non africanistes, trop "exotique". Il faut donc revenir a
certains "fondamentaux", dans le cadre d'un dialogue entre
l'universel et le particulier. Votre article, de ce point de
vue, est tres utile en ce qu'il attire l'attention sur la
necessite de re-visiter ou de renouveler certains themes (la
notion de frontieres et celle de souverainete; l'Etat et les
institutions; l'identite et la construction d'une communaute
politique; la question de l'individue et de la citoyennete),
de facon a mieux comprendre l'Afrique tout en banalisant sa
specificite.
J'aurais juste un desaccord avec vous, sur la notion de
gouvernance qui me parait etre une notion tres
"ideologisee", instrumentalisee par les bailleurs de fonds,
et, surtout, dont l'usage tend a se substituer a celui de
democratie: au fond, l'idee ici (mais ce n'est pas la votre,
j'en suis sur) est de suggerer que la democratie est
secondaire pourvu qu'on ait un Etat efficace, qui marche et
qui remplit ses obligations vis a vis de ses bailleurs de
fonds, ce qui laisse de cote la question, centrale, de la
responsabilite politique, de la participation et de la
legitimite.
Pour finir provisoirement, je me permets de vous informer
que je viens de publier aux Presses de sciences po. (Paris)
un ouvrage intitule "Identite et democratie dans un monde
global" qui passe en revue certaines idees soulevees par ce
debat: la construction des identites et leur mobilisation
dans le contexte des transitions; les articulations entre
culture politique et democratie; la dialectique
individu-communaute; la mondialisation, le global et el
local; religions et pouvoir.
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