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Sent: Tuesday, October 27, 2009 10:30:17 AM GMT -05:00 US/Canada Eastern Subject: APPEL A CONTRIBUTION: MANDATS ET SANTE APPEL A CONTRIBUTION : MANDATS ET SANTE L'équipe « Religions-Sociétés-Acculturation » du Laboratoire de Recherches Historiques Rhône-Alpe (UMR 5190) organise à Lyon, le 12 mars 2010, une journée d'études consacrée à la place des politiques sanitaires dans les territoires placés sous mandat de la SDN. Nous sommes pour lors 5 participants, et cherchons un ou deux participants supplémentaires, notamment sur l'Irak, la Syrie et le Liban, la Transjordanie, le Togo, la Namibie ou les mandats du Pacifique. Contact : Philippe Bourmaud : pbourmaud@free.fr Vous trouverez ci-dessous l'exposé programmatique présentant les axes de cette journée. Philippe Bourmaud Maître de conférences en histoire contemporaine Université Jean Moulin - Lyon 3 Equipe "Religions - Sociétés - Acculturation" Laboratoire de Recherches Historiques Rhône-Alpe (UMR 5190) Journée d'étude : Une vitrine du colonialisme ? Mandat et pratiques de santé Les Etats mandataires sont conçus selon une finalité : ils visent à amener les populations colonisées à un niveau de développement compatible avec les exigences du monde moderne. A cet objectif général s'ajoutent des objectifs spécifiques à chacun de ces territoires. Quatre objectifs sont généralement retenus comme prioritaires : le développement politique (mise en place d'une constitution, établissement d'une administration), le développement économique, le développement éducatif et le développement sanitaire. Les différentes puissances mandataires sont évaluées et contrôlées dans la poursuite de ces objectifs : à cette fin, une commission permanente des mandats se réunit périodiquement à Genève, demande des enquêtes et des rapports, et émet des recommandations le cas échéant. Telle est, à gros trait, l'organisation générale théorique du système mandataire. L'hypothèse que nous proposons de tester est la suivante. Les mandats, placés sous supervision internationale, ont constitué une vitrine de la colonisation : l'objectif de développement inhérent à leur instauration a induit les puissances mandataires à essayer, de manière plus ostensible qu'ailleurs dans le monde colonial, de transformer les pratiques des habitants. L'idée que le mandat constitue une vitrine de la colonisation et un laboratoire d'intervention sur les pratiques sanitaires suppose que la pluralité des échelons de supervision dans le système mandataire produit des effets différents de ce que l'on désigne abusivement comme la gouvernance coloniale : un mode de gouvernement et d'administration des populations combinant l'autoritarisme et la gestion à moindre coût. Elle suppose également une réception favorable des politiques sanitaires. La santé s'offre comme un domaine d'étude intéressant pour ce projet. En premier lieu, c'est une des priorités des Etats mandataires, et on peut espérer ainsi cerner des mobilisations pour réaliser les objectifs des mandats. Comment se mettent en place les politiques, autour de quels acteurs centralisés et décentralisés, et selon quelles procédures ? En deuxième lieu, c'est un domaine pour lequel les gouvernements mandataires fournissent une abondante documentation statistique : la santé, en particulier, se prête à des comparaisons. Or les comparaisons faites entre mandats l'ont généralement été jusqu'ici à l'intérieur des catégories A, B et C dessinées par la Société des Nations et recouvrant des espaces géographiques différents. Comment ces enquêtes sont-elles filtrées et formatées en remontant vers Genève, et quel type de discours acceptable pour la SDN se dessine ainsi ? En troisième lieu, l'action sanitaire est clairement un objet d'attention pour la Commission permanente des mandats et pour les associations et organisations qui gravitent autour d'elle. Ces organisations et associations tendent à orienter les demandes spécifiques de la Commission, par exemple en faveur de la lutte contre l'alcoolisme. La conception des politiques sanitaires mandataires fait donc intervenir des acteurs à plusieurs échelons de décision. Quels sont ces acteurs, et quelles préoccupations les motivent ? Quelles priorités de l'action de santé publique des mandats se prêtent à une transition d'une aire géographique à une autre, et selon quelles modalités ? Comment cette priorisation de l'action publique mandataire se traduit-elle dans les enquêtes ? En quatrième lieu, les puissances mandataires ont des objectifs de pédagogie de la santé. Quels en sont les moyens et les intermédiaires ? Comment les notions que le personnel mandataire nourrit des populations colonisées, et les pratiques de santé de ces mêmes populations influent-elles sur la conception et la réalisation de ce travail ? Pour répondre, il sera intéressant de se placer trois échelons d'analyse : les institutions de supervision au sein de la SDN ; les administrations mandataires supervisant chacun des mandats ; les relais locaux ou individualisés de la pédagogie sanitaire (médecin, personnel soignant, instituteur). La journée devrait permettre d'affiner non seulement la comparaison entre les politiques mandataires, mais aussi notre connaissance de la transitivité des politiques, d'un mandat à un autre.
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